ucronista

La mia foto
Paris, France
Gaia Barbieri nasce e vive nonostante tutto come il basilico a Lausanne, da trentaquattro anni e più che altro per curiosità. ...JeSuisUnAutre...

tempi persi

martedì 29 agosto 2017

lucidité

En coupant un oignon.
"Je fais mon possible. Oui, je fais des grimaces. Malgré moi. Je ne peux pas m'en empêcher. C'est pas ma faute, je fais des grimaces. Qui est là ? Ils prennent tout, ils me prennent entièrement, qu'est-ce qui va rester, qu'est-ce qui va rester de moi ?" 

("La moindre des choses", film sur la clinique de La Borde)

sabato 19 agosto 2017

antropocene

C'è un momento in cui finisci di piangere
ed è ancora mattina,
è il tempo in cui puoi ancora capire
e pungere la vita
come vespaorchidea.

Finisci di piangere e guardi le nuvole
nelle finestre riflesse
rifletti anche tu, i tetti rossi
la città aerea,
furtiva.

È furtiva questa
malinconia grande,
larga, assolata,
illumina tutto, si nutre
del brutto lutto tetro
che mi scrive
all'orlo degli occhi
"ecco, sei stata felice".

La malinconia, farfalla gigante,
batte lenta, lenta,
mostruoso cuore, e trasforma
la forma del lutto diventa
coscienza di mondo,

Ah, mondo !
Finisco di piangerti,
che nei manicomi nascondi
i simili miei,
ah, mondo,
finisco di tutto volerti
imparare, le tue rughe infinite,
ferite,
la traccia che Gaia si porta
scolpita di noi.

Antropocene, la chiamano
questa epoca nuova,
geo-biologia imprevista
presa alla sprovvista,
trafitta, tradita
dalla razza nostra,
che esplode bombe,
estingue semi,
prosciuga di mari le voci,
plastifica i fiumi
depreda le terre
un tempo fiere e feroci,
schianta le storie dei campi
perché si allevino
gamberi,
e si schiatti di fame.

Andiamocene, un grido strozzato,
mi sorge nel petto.
E come Rimbaud vorrei dire
"je est un autre", poveretto,
il piccolo "io" s'era illuso
d'essere tutto o qualcosa,
e invece si sfalda, si sfonda,
respinge la vista angosciosa,
la vita
gli è troppo impetuosa,
"che crepi ! verranno degli altri !",
vorrei poter dirlo, Rimbaud !
Un ultimo orgoglio affilato !

E invece, nel cuore assetato
continuo l'inganno di essere
io, in vita con voi,
senza sfizio di volo,
né capriccio di pianto,
ancora sul prato, Rimbaud,
ancora soltanto
un po'.

venerdì 18 agosto 2017

sproporzione


 Majakovskij. All'amato me stesso

Quattro. Pesanti come un colpo.

"A Cesare quel che è di Cesare, a Dio quel che è di Dio".

Ma uno come me dove potrà ficcarsi?

Dove mi si è apprestata una tana?

S'io fossi piccolo come il grande oceano,
mi leverei sulla punta dei piedi delle onde con l'alta marea,
accarezzando la luna.

Dove trovare un'amata uguale a me?
Angusto sarebbe il cielo per contenerla!

O s'io fossi povero come un miliardario.. Che cos'è il denaro per l'anima?
Un ladro insaziabile s'annida in essa:
all'orda sfrenata di tutti i miei desideri
non basta l'oro di tutte le Californie!

S'io fossi balbuziente come Dante o Petrarca...
Accendere l'anima per una sola, ordinarle coi versi...
Struggersi in cenere.
E le parole e il mio amore sarebbero un arco di trionfo:
pomposamente senza lasciar traccia vi passerebbero sotto
le amanti di tutti i secoli.

O s'io fossi silenzioso, come il tuono... Gemerei stringendo
con un brivido l'intrepido eremo della terra...
Seguiterò a squarciagola con la mia voce immensa.

Le comete torceranno le braccia fiammeggianti,
gettandosi a capofitto dalla malinconia.

Coi raggi degli occhi rosicchierei le notti
s'io fossi appannato come il sole...

Che bisogno ho io d'abbeverare col mio splendore
il grembo dimagrato della terra?

Passerò trascinando il mio enorme amore
in quale notte delirante e malaticcia?

Da quali Golia fui concepito
così grande,
e così inutile?


https://www.youtube.com/watch?v=V2g9KPbjlmc

lunedì 14 agosto 2017

Il mio senso dell'Europa



« Elle est Gauloise au p’tit vin blanc
Elle est contre-gouvernement
Elle est pas fille des religions
Elle est pas putain du pognon
Elle est vent du Nord ou d’Ouest
Elle est vent du Sud ou de l’Est
Elle est sans-abri à la rue
Elle est toujours peine perdue
Elle est gitane elle est profane
Elle est quand la gauloise plane
Elle toujours fumeuse de joints
Elle dort dans les gares en chemin
Elle est solidaire au combat
Elle est Varsovie Messina
Elle est pas banquière pour un sou
Elle est pas bottes au garde à vous
Elle est sans-abri sans frontière
Elle est contre totalitaire
Elle est j’t’emmerde avec ta thune
Allez vas-y ressers une brune
Elle est ma gueule de Picasso
Elle est tous mes potes au pinceau
Kusturica Sarajevo
Elle est pas loin la Gestapo

Mon Européenne c’est pas la Bruxelles
Mon Européenne c’est pas Genève
C'est pas la thune tu marches ou crèves
Tu sais moi mon Européenne
Elle a pas vraiment de frontières
Son corps c’est la planète entière
N’en déplaise au peuple bourgeois
Tu sais mon Européenne à moi

Elle est keupon rat sur l’épaule
Elle est tatouage de la taule
Elle est accordéon sanglot
Elle est accorde-moi un tango
Elle est destin des origines
Elle est racine gréco-latine
Elle est contre l’union bancaire
Elle est mes révolutionnaires

Elle est pote à Mimi Pinson
Elle est Roumanie sans pognon
Elle est guillotine pour les rois
Elle est plutôt comme toi et moi
Elle est pas médiatique je crois
Elle est pas politique bourgeois
Elle est paysanne au combat
Elle est partisane quand elle boit

Elle est ouvrière licenciée
Non c’est pas la fille du progrès
Elle est bandonéon métro
Elle est plutôt Manu Crado
Elle est nordique nord-africaine
Elle est un peu baltique aussi
Elle a des airs de statue grecque
Elle a des airs des Italies
Qu’on dirait Paris à Venise
Qu’on dirait Namur aux Marquises
C'est Gauguin qui peint la terre
Comme un pinceau vous dit mon frère

Mon Européenne c’est pas Bruxelles
Mon Européenne c’est pas Genève
C'est pas la thune tu marches ou crèves
Tu sais moi mon Européenne

Elle est pas Merkel ou Hollande
C’est pas la valse des propagandes
Des discours de haine au bistrot
Elle est roumaine dans les métros

Elle a pas un rond fin du mois
N’en déplaise au peuple bourgeois
Elle est pas Mercedes je crois
Elle est plutôt Grec au combat

Elle est Suédoise plans à trois
Elle est mon ardoise quand je bois
Elle est gréco-latine Germaine
Elle est Britannique quand elle traîne
Elle aime les bars elle aime la bière
Elle aime l’odeur du populaire
Elle est moitié louve moitié chienne
Elle est d’où qu’on aille d’où qu’on vienne

Elle est Barcelona corazon
Elle est Venise elle est Vérone
C’est pas la boursière de London
C’est l’enfer de Babylone
Elle est Cherbourg Saint-Pétersbourg
Elle est toutes les putains d’Hambourg
Elle est Russie américaine
Tu sais moi ma République haine

Elle est polka dans les métros
Elle est Gyps
y elle est Django
Elle est pas ghetto à Calais
Elle est pas règne du billet
Elle est Flamenco sous Franco
Elle a le sourire du prolo
Elle est p’tit matin au bistrot
Elle a la gueule Greta Garbo
Elle est accordéon sanglot
Elle est accorde-moi un tango
Elle a la beauté Ukrainienne
Tu sais moi mon Européenne
C’est pas Bruxelles c’est pas Genève
C’est pas la thune tu marches ou crèves
C’est pas c’qui passe dans les radios
C’est pas c’qu’on lit sur tes réseaux

Elle est Allemande elle est Anglaise
Elle est Flamande elle est Française
Elle est Bulgare elle est Slovaque
Poing levé contre la matraque
Mon Espagnole mon Italienne
En farandole mon Européenne
Elle est L
ettonne elle est Hongroise
Elle est Wallonne elle est Liégeoise
Elle est baltique elle est bohème
Ma
Bolchevique ma Norvégienne
Elle est d’Athènes elle est Danoise
Elle m’fout la trique ma Suédoise
Elle est latine anglo-saxonne
Puis souvent c’est vrai qu’elle est conne
Elle est continent vieille histoire
Elle est souvent sur des comptoirs

Elle est Galloise elle est Gauloise
Elle sait surtout m’laisser l’ardoise
Elle est révoltée polonaise
Elle a le sang nord-irlandaise
Elle est statue gréco-romaine
Tu la verrais mon Européenne
Ma Vénus à moi quand j’la traîne
Plus que tout mon Européenne

Qu’elle soit Chinoise ou Japonaise
Elle peut même être Américaine
De Saïgon de Tian’anmen
Tu sais moi mon Européenne
Elle peut venir de toutes les terres
Tant qu’elle me chante des missionnaires
Ouais c’est sûr elle a pas d’frontières

Elle a le corps d’la Terre entière !».

(Mon Européenne, Saez, 2017)

au mégaphone dans l'assemblée

Je me balade pour les grandes surfaces,
la carte bleue dans la chatte !

//// j'ai pas assez mais il faut payer ////

je cours au gré des accessoires,
des conneries
illimitées.

J'ACCUSE.

(grazie, Saez)

Wind owes me

Le mie finestre si riaffacciano
dal precipizio dei sogni,
ogni
finestra che ho aperto
è ancora aperta, aperta
a perdita d'occhio e di piede.

Mi siede davanti, la finestra
bianca della camera da letto,
quella con le tende e la cassa bianca
dove mi sedevano
le mani che mi amavano,
mi sedevano così,
davanti al mondo, sotto,
che passava con frastuono di motore,
mi sedevano davanti al vento, mulinare di foglie, e
wrooooom, senti il tuono, bimba,
e adesso conta, quanti secondi,
uno, 'ue, tle, 'uatlo, ci'que, se...
Vazam ! Il lampo !
Vedi, si avvicina, si avvicina, il temporale...

E il tempo-male si avvicinava, e anche il tempo-bene,
come tuono e lampo.

Mi guarda dall'alto, in piedi, la finestra porta,
che porta sul giardino,
su mamma Magnolia e sul profumo
di pasta al sugo,
la finestra che ho guardato adolescente,
con occhi innamorati
del sole che entrava ad accenderli,
con occhi pieni di neve
a tracciar vene di vita,
con occhi di desideri
con le ali troppo grandi
e goffe,
con occhi miopi,
visionari,
con occhi sfilacciati che non potevano
più distinguere il giardino,
con gli occhi di chi parte
e non torna più.

Della finestra della casa a schiera
mi ricordo che ne è valsa la pena,
che ne è valsa la piena,
della caccia alle zanzare,
della caccia al tesoro
di un puzzle di noi,
dei panni stesi insieme,
la stanza di ogni
metamorfosi.
Mi ricordo che bisognava
chiudere le persiane
perché non ci vedessero
fare l'amore :
la nostra indecente
felicità
avrebbe oltraggiato i passanti.

Poi c'è la finestra di Parigi,
quella della pioggia
che fertilizza un cuore nuovo,
che ci porta sul tetto
sotto il sole di marzo,
la finestra che mi ha visto correre
giù dalle scale,
cosciente come mai
che tutto
tutto è fuori.

Ma Only è per me
la città dalle troppe finestre.
Ne avevamo una bellissima,
proprio sopra il nostro letto,
il sole d'inverno ci ha tenuti al caldo,
lo spazio profondo e fragile
di qualche mattino.
Poi, quando le linee di fuga
han cominciato a girare,
un volteggiare di tornado,
di buco
nero come un buco nella tela
della vita cullata,

e un richiamo

la finestra

la mia testa

fuori, sotto la pioggia,
a mischiare le lacrime,
a farle cadere,
le ho fatte cadere
al posto mio.

E il mio posto sfumava, ancora,
svuotavo un'altra stanza,
un'altra finestra
che non posso più chiudere,
solo ricordare
in un ricordo in cui la guardo,
dalla strada
come un passante.

Ho una nuova
finestra provvisoria,
con vista
sui piccioni ben nutriti
e i tetti del centro.
La mattina mi sussurra
scrivi ! Vivi ! Scrivi ! Vivi !

Io la ringrazio ma cerco un vento,
uno strato di necessità,
una velocità senza la quale
nessun contenuto,
nessuno stile,
nessun fascino di vita
sarà possibile. 

E ancora, conto i secondi,
tra il tuono e il lampo,
come se le mani amate
potessero ancora sentirmi.

lunedì 7 agosto 2017

"je m'enlise"

"Je suis dans quelque-chose et après il n'y a plus aucune continuité, ça n'existe plus ni avant ni après. Je vois des choses qui n'existent pas et qui sont pour moi plus réelles que tout le reste, des gens qui apparaissent et qui disparaissent en tornade. Il y a des choses que je ne peux pas faire. C'est lorsque tout devient imaginaire, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit".

memento

"Il senso di colpa e il dolore sono le peggiori prove,
le peggiori
giustificazioni"

Y, who wanted me to finally become Nietzschean      

gatto e dopo

così adesso mi si potrà finalmente processare
per Alto Tradimento.
e non importerà niente a nessuno il dettaglio
che io ci credessi davvero, nella nostra avventura, e che fosse
necessariamente poetica,
come dicevi tu.
non importerà a nessuno - e tanto meno a te -
la miserrima precisione che io ci creda ancora.

capisco che non si possa capire
che tu non mi possa più captare,
l'autre-langue è stata
disattivata.

non potrai mai più fidarti di me.
nessuno.

nessuno si fida più di me.
tutti mi portano
questa collera sotterranea come una falda acquifera
avvelenata,
tutti hanno qualcosa da perdonarmi
e non lo faranno,
o, se lo faranno,
il debito immenso mi sarà rimesso, e
rimesso in eterno,
rimesso davanti agli occhi, sempre,
io messa e rimessa nell'orbita
del buco nero di magnanimità e generosità
di chi mi ama e me lo inietta
sul mercato,
un'inflazione spaventosa, impossibile
poter offrire un contro-
o un contro-dono.

tutti mi mettono alla prova,
prova dopo prova
io provo e non posso
superarne nessuna,
oggi
ogni apparente redenzione
è una finta, una sosta, una tregua
soltanto posata,
come la vittima spossata
del gatto
che finge indulgenza.

ma l'agonia della vita
non è ancora finita.

martedì 13 giugno 2017

Lupo


Ti scrivo mentre non sai che
ti scrivo e forse non saprai,
non so dove sarai,
domani,
ti scrivo mentre le tue mani
fabbricano l'ultima
sigaretta-più che non è mai
l'ultima, forse

ti scrivo della tua prossimità
e della mia nella distanza
ti scrivo della stanza
che sarà presto deserta,
sognata poi disabitata,
abbandonata, anche

ti scrivo perché il tuo respiro
entra ancora nel mio naso
sotto forma di fumo
sotto forma di “fummo”,
e poi non fumo più.

Ma soprattutto ti scrivo
mentre ti sento e ti ricordo,
mentre le mie mani
fabbricano il tuo fantasma al presente,
ti scrivo mentre ti stringo
ti stringo a me, nel ventre
della tempesta
con la mente.

Ti scrivo perché non posso
schivarti,
scarico
il mio fucile di addii
sul nostro amore ancora vivo,
ratatatatatatatatata
io
mi prendo tutti
i proiettili.

Sei a qualche centimetro da me,
alla mia destra,
fumi e leggi, non parli,
io saprei che sei tu,
saprei che sei tu
tra mille, e tra mille anni.

Ti guardo con la periferia degli occhi,
ti faccio un ritratto astratto,
un ritratto distratto e concentrato
come se fosse l'ultimo.
Ma non sarà l'ultimo.
Ti scrivo che ti scriverò,
che non ho finito,
che non ho mai finito,
che non ho finto
questo amore distratto,
astratto e concreto
come fosse un mostro,

bello

come fosse il nostro.

giovedì 8 giugno 2017

dopoguerra

bisogna imparare
a restare all'erta
nella profonda tristezza,
a ringraziare chi parte
e quando si parte
a portare nel mondo chi resta.

domenica 21 maggio 2017

wannacry

il tramonto è sempre stato
un invito trascurato,
un dovere morale
che rimando
male,

io non tramonto,
rimango,
mentre il morale
crolla,
mentre l'amore
perde il
mare,

e resta O,
et son histoire, oh oh,

e wannacry, today,
c'ho l'ironia dell'hacker,
derubo l'NSA,

i wannacry, you say,
divento un homo sacer,
ti lascio au mois de mai,

mai mai mai-
non lasciarmi ma -

may day may day,
a malware was detected,
can't stand the pain,
our world was deconnected

may day may day
non c'è niente to say,

precipito a picco
a piccole dosi,
come un tramonto
o come un virus,
usami, mon ami,
finché siamo ancora

amo, ancora,

wannacry, today,
è l'effetto della traversata
di questa frontiera,
mi sono abituata eppure
era viva, era bufera,
le montagne sono onde
immonde di terra,
di mondo,
wannacry, mi sfondo
le vene di endo-tristezza,
ma porca miseria,

cinque anni di ricordi
non bastano per dare materia
neanche a mezza
giornata in più. 

e tu e tu,
wannacry,
non mi dirai
nel blu
accecante del pianeta,
i tuoi occhi wannacry,
non c'è scampo,
mi hai piratato
il sistema sentimentale,
io me ne vado ma
son da buttare
ammare,
da riprogrammare,
c'è un errore nello script,
ho sbagliato una formula
mi son persa una patch,
mi son persa un pezz
e ora

wannacry mi divora
in questo arrachement inumano,
uccido e mi sgocciola in mano
sangue caldo, non muore,
il mio amore per te.







  









elezioni (primo mai)

I giorni inseguono la pioggia,
ruotano, come le lacrime
e i sorrisi.

The cruellest month
è di nuovo sorto
e di nuovo spento,
e maggio non riesce
a fare primavera.

I giorni spargono la pioggia,
cadono,
di sera decido
che mi suicido
ma non mi stacco,
il davanzale mi tiene,
metto la testa sotto la pioggia,
sgocciolo
sgocciolo dal terzo piano
sul marciapiede.

E allora.

Bisognerà aspettare,
ci sono le elezioni,
bisognerà cantare
per strada le canzoni

dell'uomo che resiste
malgrado il salariato,
anticapitaliste,
nessuno sia intonato,

bisognerà gridare
né patria, né padroni,
la giovinezza è stare,
potenti come tuoni

e sogni -
ogni
cosa

attende
chi la
osa.

Mi cuce
nelle
ossa
la prossima
mia
mossa.

La foto è mossa.
La folla sembra sfilare sotto una pioggia moderata
e moderata rabba
sul ponte della Guillotière.

mercoledì 26 aprile 2017

Caro daimon,

è da tanto tempo che non ti parlo.
Ho voluto dimenticarti.
Non ho più saputo scrivere.
Sono quasi morta.
Sai, comincia dalle dita, si paralizzano dal freddo e poi si gelano
blu, blu,
e poi si stancano e poi si
staccano, una
per una,
dieci.
C'è una Cosa che si muove sul fondo, penso che mi annienterà,
e allora scappo, no, sto immobile
non posso scrivere, posso solo
dormire e fingere
calma.
Nessuno sapeva che la Cosa avrebbe cominciato la caccia.
Dentro.
I pirati non mi avevano avvisato.
Troppo in fondo.
Tutta la mia commedia della vita e affini,
finisce
tutta la mia commedia si è svuotata, è solo cartapesta, ora.
Non so più quando sono vera e quando sono finta.
I due poli sono implosi.
Sono stata tante cose, oggetti usa e getta, mi sono usata e gettata,
io per prima, gli altri soltanto perché
non gli ho lasciato altra scelta.
La Cosa dà la caccia a tutte le cose usa e getta che sono stata.
Io le ho chiamate "amore", queste cose.
E le piango, queste cose-amore, da morire.
La Cosa non usa e non getta.
La Cosa desidera e assorbe. La Cosa trasforma.
La Cosa è un chrone che ho generato io stessa, per slancio eccessivo di vita,
e che non controllo.
La cosa non ha morale alcuna, e un tempismo pessimo.
La Cosa è spietata.
Vuole che je entri in mutazione. Adesso. Stanotte.
Vuole che je si liberi, cambi pelle, diventi migliore.
Un autre.
La Cosa è il sillogismo invincibile di un incontro.
L'incontro di due contres, la Cosa provoca la morte e cambia la vita.
Non può aspettare. Non può stare ferma.
Il movimento è la sua natura, il suo vif.
Io sto immobile. Per sfuggirle.
Quasi muoio. Ma non posso.
La Cosa mi trova, sente l'odore del sangue
che scorre encre,
sente l'odore dei sogni che ho avuto e in cui
non ho più voluto
credere.
La Cosa vuole prenderli.
Animarli.
Altre illusioni, altro dolore,
altre eruzioni e terremoti,
insomma altra vita
altra vita umana,
questo la Cosa vuole
da me
adesso,
questo la Cosa avrà

non ho scelta, la Cosa ha scelto
per me
il coraggio e la rivolta
contro thanatos,

e noialtri,
mio daimon,
si dovrà uccidere
deludere
si dovrà morire
abbandonare
partire,

per vivere
- non per esistere,
non per sopravvivere,
per vivere

perché vivere

si dovrà.

sabato 24 dicembre 2016

spazio alla cenere

Fate silenzio,
fuochi nel braciere,
lasciate spazio
alla cenere.
Che si posa.

Non era vera,
voci nella sera,
la vostra voglia
di vivere.

Questa rosa
qualcuno
se l'è fatta cadere
di mano,
questa rosa
la raccolgo, piano,
ma vorrei
che mi graffiasse,
che si aggrappasse
a me,
a questa pelle che
la farà passare,
la farà appassire.

Ho ancora in tasca
il biglietto di quel treno
che alla fine non presi
per venire da te,

ho ancora in testa
una Coscienza di Zeno,
alla fine non ti chiesi
di combattere per me.

E allora cosa aspettiamo,
vorremmo dirci "ti amo",
ma non troppo spesso
se no, poi tutto è lo stesso,
poi sembra lo stesso.

E allora, lascio andare
tutto quello che mi vorrei portare
nel futuro, negli occhi, negli anni a venire
io lo lascio, io lo lascio partire !

Au revoir, au revoir, mes amours,
merci pour toutes nos nuits, tous nos jours,
merci pour nos danses folles, douces et dures,
qui ont nourri nos révoltes,
qui les ont faites pousser,
et puis les ont mises à sécher.

è passato il 19 ottobre

Mio caro, caro fantasma paterno.
Ti scrivo mentre mi scavo una nicchia, tra la veglia e il sonno, nella successione di questi movimenti planetari che ho smesso di chiamare giorni e notti.
Vorrei uscire da qui, e allora entro. Più sotto, più in fondo, perché la superficie è immensa, sterminata, e io non ce la faccio più a percorrerla, né a contenerla nel mio sguardo. Tutto mi penzola intorno, come se ogni cosa, come se ogni porzione di spazio e di tempo fosse esplosa, ma non completamente. Un'esplosione che si è sospesa, ci sono tanti fili, ogni filo tiene un pezzo di mondo nella sua fluttuante attesa della caduta, che non avviene.
La senti ?
Janis Joplin urla ancora, da qualche parte, poco lontano, eppure chi potrà mai testimoniare,

Ma non importa, fantasma papà, so che tu la senti ancora.

La superficie è crudele, accanita. E io non ce la faccio più a comprenderla.
Questa fluttuante attesa di caduta, che non mi tiene.
Mi sento come se scivolassi e scivolassi, senza progressione né continuità.

Eppure c'è qualcosa di vivo, nel freddo e nell'ebrezza serale.
C'è qualcosa di disperante e di aperto, di aperto in questa
solitudine abissale.

 

venerdì 16 settembre 2016

furvento

Adesso fatemi almeno scrivere: non ho scritto più.
Ho scritto novantanove pagine in una lingua che non è la mia e che non lo sarà mai. Ho scritto nell'illusione lucida
di far gridare una volta una rivolta che sovverte
le preghiere e redime
i desideri.
Io di desideri ne ho molti, troppi, ma lo spazio diventa stretto e mi chiude.
Io volevo soltanto partire, inseguire il nordest, dicevamo Baltico all'unisono,
in riva al Rodano,
e anche dal fondo del grido di questo furvento assurdo
ci brillavano gli occhi.
Dicevamo Baltico all'unisono,
in riva al Rodano,
e c'era una piccola lista
di cose da portare.
Ci bastava la piccola lista, ci bastava.
Ora non lo so più.

Tutte le mie azioni e pulsazioni
mi appaiono diafane di insignificanza.
Non afferro più niente,
non affermo, ti tengo,
ti tengo in mente.

Con questo bisogno (es)tremo di salvare chi amo.
Di arrivare in tempo, almeno una volta in tempo.
Con questa incapacità profonda di capire chi siamo
e perché.

Il senso della nostra risalita,
del nostro contro ostinato ?
Dovrei averlo qui, per te.
E invece. A mani vuote,
ti abbraccio, a mani nude.

Non so cosa dirti, amore mio,
non so cosa darti di me ora,
né del mondo.
Gira in tondo,
non capisco altro.

È poco. È tutto troppo poco,
sono in bancarotta di idee, di salti,
di forza di gioco.
Pensavo di conoscere la morte e la malattia, e mi sbagliavo,
mai, non si conosce mai niente così male
come la biologia.

Forse il mare.
Forse il vento.

venerdì 19 agosto 2016

le premier philosophe - pour Ch. L.

C'est une histoire sur le premier philosophe que j'ai rencontré.

Un éternel enfant
qui m'a appris à me moquer de l'adultanat.
D'ailleurs,
la dernière fois que nous nous sommes vu,
il est parti comme un enfant qui hésite car il cache un secret.

Ce secret c'est son dernier jeu.
Un jeu sérieux comme toujours.

Il m'a appris tellement de jeux.

Il m'a appris l'amour de l'étude de la réalité,
de l'humanité,
de ses sciences,
et de ses outils.

Il m'a appris l'importance de la confiance … et aussi de l'organisation,
et l'humour et la musique et l'auto-dérision…

et l'importance de construire son idéologie,
en élaborant sa cohérence,
en préservant son intégrité.

Il revendiquait son intégrité.
Il l'avait décidé,
voilà il l'a fait.
Il l'a fait à la campagne,
dans le jardin,
assis contre un mirabellier.

Il m'a appris que l'égoïsme est inséparable du soin aux autres.
Pourtant la complicité était difficile pour lui.
Il aimait tellement garder le contrôle.
Pour certaines choses,
c'est plus facile tout seul.

Il m'a appris tellement de jeux.

Merci papa,
je joue
dans une vie curieuse et fascinante.

T'étais beau,
mais on est différent tout les deux.

J'ai moins peur que toi tu sais ?
Tu as réussi.

Tu le savais puisque tu as décidé que nous n'avions plus suffisamment besoin de toi.

C'est vrai que j'ai une grande famille,
pleine d'attention, d'intelligence,
et d'amours,
et d'amis.

J'en suis vivifié pour longtemps.

Merci pour cette belle vie qui va continuer en beauté.





Glen Lomax, Blérancourt, 12 agosto 2016



 

domenica 12 giugno 2016

sommario


Non so cosa si possa scrivere del mutamento selvaggio, del movimento centrifugo di gettare tutto veloce nello zaino, tutto fuso insieme, calzini foto e diari, libri sacri di un tempo.
Cosa potrò mai dire della mia vita prima, ora, una vita che sento più forte di prima solo perché ne sono morta.

"Quando lasci la tua terra, non puoi più tornare al punto da cui sei partito.
Quel punto, tu l'hai staccato dalla pianta dei tuoi piedi per sempre, la pianta è recisa. Punto. Sei andato a capo.
Attenta, sorella di straniamento. Chi parte davvero non torna più indietro."

Cosa potrò mai dire della mia vita di adesso o di dopo, quando so benissimo
che nessuna delle due è reale.

"La radicalizzazione è uno sradicamento."

Come potrò mai ricordarmi della mia terra, se non ne ho mai avuta una.

Sono incapace di donare
uno statuto ontologico stabile ai mondi che attraverso.
Esisto ? No ?
Ho perso la facoltà di restare. Di appartenere. 

La lingua che parlo è sempre comunque straniera, non importa quale, lingua madre o lingua padre o lingua dei figli che non avremo.
Non abito più.
Alla fine ha vinto lui, questo oggetto di ricerca feroce, la sua "compenetrazione agita" mi agita da quando sono, finalmente mi ha trafitta.
E io lo ringrazio, io sono felice nella pancia
di questo galeone di pirati da circo.

- Vivo precaria, per aria, per mare, per non morire,
o per imparare a passare. 


Notre statut d’étrangère à ce pays d’accueil nous permet une alliance. Ces identifications réciproques peuvent induire de ma part un défaut de contenance dans ces premiers temps du groupe, sans doute à l’image de l’éprouvé du défaut de contenance au cours du processus migratoire, comme répétition du défaut de contenance dès la naissance.  
(Blandine Bruyère)


mercoledì 30 dicembre 2015

only

Non ho più serbatoi di memoria.
Li ho riempiti tutti e poi svuotati,
come scatoloni di libri, ci trovi sempre dentro altro,
e non puoi davvero semplicemente traslocarli
e rimetterli sugli scaffali.
Non più commemorazioni
non ho più con me
orazioni per vite passate,
la vita si arrotola e i miei tralicci crollano
crollano
crollano
nessuno mi ha mai
vendemmiato.

L'ottobre passato
son partita quasi per niente,
solo per perdere tutto e imparare
da capo.
Il giorno dieci nove otto
era domenica,
e io l'ho contato via, ho scritto
ho scritto tutt'altro.
Ho scritto per te, come sempre,
ma senza mai dire, papà,

Dodici anni mi fanno
vergognare.
Il poco che so(no)
mi fa vergognare.
Eppure mi so abbastanza vecchia
per avere anche un po' tenerezza,
carezza beffarda ma buona,
senti un po' come suona
morire di under-dose
morire senza cose
morire così a un certo punto,
ma neanche, a una virgola,
andare via senza via, senza
farsi notare.

Perché poi morire,
un momento.
Son troppo ignorante
per finire, è ingombrante
un fiume senz'argine, un mare
questo mio margine
di miglioramento.

L'ottobre passato era domenica
e io me la sono presa,
libera, ho fatto la spesa da Freud
e mi sono sentita
misera e piccola e credo di non aver mai
riso tanto,
o tanto tremato, alla luce minima
della minuscola stanza.

L'ottobre passato
dieci nove otto
ho contato all'indietro come un mal di capo
danno, quasi mai terza persona plurale,
eh ma così non vale, non lo sostengo più,
sto sostantivo.
L'ottobre passato ho cantato
all'indietro tutte le poesie
e le pose che sapevo.

Mi rimanevano solo le posate,
quasi mai seconda persona plurale,
che male,
che fame.

C'è la psicanalisi e poi c'è Lione,
che non mi ha mai chiesto niente
e che manco mi conosceva.
C'è il Moi-peau e poi c'è
la divisione da sé,
il gesto di tracciarla
netta come una lama,
spessa come una lana
di ricordi di altre me,
la lana mi avvolge,

si avvolge nel mantello
è Batman
è proprio Batman
è proprio
è la pelle della mia specie,

la mia specie è debole, e soffre.

La mia fiamma è flebile, e s'offre.

Io questa lettera avrei voluto scrivertela a mano
a mano a mano,
ma tu non mi dai la mano e non torni vicino,
io resto tua foglia
senza giardino,
una senza famiglia,
una senza banda
e senza destino,
mi alzo al mattino e lo cambio,
senza scontrino.

C'è Lione e poi c'è il caffè
da immaginare
una crema di nulla col te
con tutti i miei giorni
da macinare.

Che fai? Come stai? Quando torni?
Di cosa ti fai questi giorni?
Attenta vai lenta attenta
agli attentati.

Li ho tentati tutti,
i comorti e i conati,
li ho aspettati e pianti
pianti tutta la notte,
ma come la canti la ninna nanna
ai condannati ?

Ma se dovesse restarmi un solo
ultimo giorno
mi spingerei dove non torno
 - in collina.
Pelle della mia
pelle bambina,
pelle che era mia
pelle medicina,
ci hai lasciato la pelle e le stelle,
in collina, mi hai lasciato,
baustelle,
mi hai lasciato nella carne
questa tua reincarnazione,
ma che farne?

Io sono e non so
la tua narrazione.

Il codice, la fonte
l'informazione
mi salva e mi sconfigge,
la chiave, la consolazione
mi cade e mi ricade
dalla tasca,
la chiave trafigge,
tormenta, burrasca,
equazione irrisolta,
fodera bucata non tiene,
e la tua eredità di scorta
è un cappotto in rivolta.










 



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